Accueil › Guides › Rachat

Racheter la maison familiale : comment calculer la soulte et financer le rachat

Garder la maison de famille en rachetant la part de ses frères et sœurs, c'est possible. Mais il faut s'entendre sur un prix, calculer correctement la soulte et obtenir le financement. Voici la méthode, avec un exemple chiffré.

Par la rédaction SuccessionImmo · mis à jour le · 7 min de lecture

Qu'est-ce qu'une soulte ?

La soulte est la somme que l'héritier qui reprend le bien verse aux autres pour compenser leur part. Elle se calcule sur la valeur nette du bien : sa valeur, moins les dettes qui le grèvent, en premier lieu l'hypothèque, que le repreneur reprend en général.

Le rachat se fait dans le cadre du partage de la succession. Il suppose l'accord de tous les héritiers, puisque l'hoirie décide à l'unanimité (art. 602 CC).

Exemple chiffré

Une maison est estimée à 1'200'000 CHF. Il reste 300'000 CHF d'hypothèque. Trois enfants héritent à parts égales, et Claire veut garder la maison.

  • Valeur nette : 1'200'000 − 300'000 = 900'000 CHF
  • Part de chaque héritier : 900'000 ÷ 3 = 300'000 CHF
  • Claire verse une soulte de 300'000 CHF à chacun de ses deux frères, soit 600'000 CHF
  • Elle reprend aussi l'hypothèque de 300'000 CHF : financement total à prévoir, 900'000 CHF

Sa propre part (300'000 CHF) n'a pas à être payée : elle la reçoit « en nature », sous forme de maison. Faites votre propre simulation avec le calculateur de partage, mode « Un héritier rachète ».

Et si les parts ne sont pas égales ?

Les parts dépendent de la loi et d'un éventuel testament. Par exemple, le conjoint survivant et les enfants n'ont pas les mêmes parts légales, et un testament peut avantager un héritier dans les limites des réserves héréditaires (revues au 1er janvier 2023). Le calcul de la soulte se fait toujours de la même façon : valeur nette multipliée par la part de chaque autre héritier. Si d'autres biens sont partagés en même temps (comptes, titres), on peut compenser une partie de la soulte avec ces biens.

La clé : une valeur acceptée par tous

Tout repose sur la valeur retenue. Trop basse, les autres héritiers se sentent lésés ; trop haute, le rachat devient impossible à financer. Une estimation neutre, expliquée à chacun, est indispensable. Elle tient compte des ventes comparables dans le quartier, de l'état du bien et des travaux à prévoir. Si les avis divergent, on peut faire appel à un second expert et retenir une moyenne.

La valeur fiscale ou la valeur d'assurance ne sont pas des valeurs de marché : elles ne doivent pas servir de base au rachat sans réflexion, car elles peuvent être très éloignées du prix réel.

Le financement bancaire

La banque examine le rachat comme un achat : apport en fonds propres et capacité à supporter les charges avec vos revenus. Elle calcule en général ces charges avec un taux théorique supérieur aux taux du marché. Votre part d'héritage dans la valeur nette réduit le financement à trouver, et compte souvent comme fonds propres, mais chaque banque a ses propres critères.

Dans l'exemple, la banque devra financer 900'000 CHF (soultes et hypothèque reprise) sur un bien de 1'200'000 CHF, soit 75 %. Claire devra montrer que ses revenus permettent de supporter cette dette. Prenez rendez-vous avec la banque avant de vous engager auprès de la famille.

Si le financement ne suffit pas, il existe des pistes : un paiement d'une partie de la soulte échelonné et garanti, un apport d'un conjoint, ou un rachat par deux héritiers ensemble. Elles doivent être formalisées avec le notaire.

Frais et impôts du rachat

Prévoyez les frais de notaire et du registre foncier. L'attribution d'un bien à un héritier dans le cadre du partage successoral bénéficie en principe d'un report de l'impôt sur le gain immobilier (art. 12 LHID) : l'impôt sera dû plus tard, lors d'une vente future, en tenant compte de la durée de détention. Le traitement des droits de mutation varie selon les cantons. Faites vérifier ces points par le notaire avant de signer.

Formaliser l'accord

Le rachat se fait par une convention de partage signée par tous les héritiers, généralement établie par un notaire, puis inscrite au registre foncier. Elle fixe :

  • la valeur retenue et la méthode d'estimation ;
  • la soulte due à chaque héritier et la date de paiement ;
  • la reprise de l'hypothèque et la libération des autres héritiers envers la banque ;
  • la répartition des charges payées depuis le décès ;
  • le sort des meubles et des souvenirs.

La libération des autres héritiers envers la banque est un point à ne pas oublier : sans l'accord de la banque, ils pourraient rester débiteurs de l'hypothèque.

Les pièges fréquents

  • Fixer le prix « en famille » sans estimation, puis découvrir que la banque ne suit pas.
  • Oublier les charges payées depuis le décès par un seul héritier.
  • Promettre le rachat avant d'avoir le financement.
  • Négliger l'avis du conjoint du repreneur, qui sera souvent codébiteur.

Votre plan d'action en 3 questions

Le diagnostic gratuit vous indique les priorités pour votre situation, avec les urgences en premier.

Faire mon diagnostic

Questions fréquentes

Comment se calcule une soulte ?

On part de la valeur du bien, on retire les dettes (hypothèque), puis on multiplie la valeur nette par la part de chaque autre héritier.

La part d'héritage compte-t-elle comme fonds propres ?

En général oui : la part du repreneur dans la valeur nette réduit le financement à trouver, mais chaque banque a ses propres critères.

Faut-il passer par un notaire ?

Pour un bien immobilier, le transfert doit être inscrit au registre foncier ; la convention de partage est en général établie par un notaire.

Sources officielles

Informations vérifiées le 1er novembre 2026. Information générale : elle ne remplace pas un conseil juridique, notarial ou fiscal personnalisé.

Besoin d'en parler ?

Un premier échange gratuit et confidentiel pour faire le point sur votre situation.

Être rappelé

À lire aussi

Être aidé gratuitement